L'intention et le mandala :
Expliqué simplement, du cœur au crayon
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"Tu as déjà entendu parler d'intention, mais tu n'es pas tout à fait sûr(e) de ce que ça veut dire vraiment ?
Pas de panique. Je vais t'expliquer ça simplement — et même te montrer comment le mandala peut t'aider à le comprendre de l'intérieur."
Commençons par le début : c'est quoi une intention ?
Imagine que tu t'apprêtes à passer une journée difficile.
Avant de sortir de chez toi, tu prends une grande inspiration et tu te dis :
"Aujourd'hui, je veux rester calme, quoi qu'il arrive."
Ce n'est pas un objectif. Tu ne vas pas cocher une case en fin de journée intitulée "calme : accompli". C'est autre chose. C'est une façon d'être que tu choisis de cultiver, une sorte de boussole intérieure que tu poses avant de partir.
Ça, c'est une intention.
C'est différent d'un but ou d'une résolution.
Un but, c'est une destination : "Je veux perdre 5 kilos" ou "Je veux finir ce projet avant vendredi."
Une intention, c'est plutôt la qualité que tu veux apporter au voyage : "Je veux prendre soin de moi avec bienveillance" ou "Je veux avancer pas à pas, sans me juger."
Tu vois la nuance ?
L'objectif regarde vers l'arrivée.
L'intention, elle, est déjà là, maintenant, dans la façon dont tu te tiens face à ta vie.
Et spirituellement, ça donne quoi ?
Dans les traditions comme le yoga ou le bouddhisme tibétain, l'intention a un nom en sanskrit : le "sankalpa".
Ça veut dire à peu près "une résolution qui vient du cœur".
Pas du mental qui calcule, pas de l'ego qui veut impressionner — .
De l'endroit en toi qui sait, même quand ta tête doute.
Et dans ces traditions, on dit quelque chose de fort : ce n'est pas tant ce que tu fais qui compte,
c'est l'intention avec laquelle tu le fais.
Un geste posé avec amour et conscience ne laisse pas la même trace qu'un geste fait machinalement ou par obligation. L'intention, c'est l'énergie invisible qui colore tout ce que tu fais.
C'est un peu comme cuisiner.
Le même plat préparé avec soin et amour pour quelqu'un qu'on aime, ou préparé à la va-vite parce qu'on est épuisé,
ce n'est pas la même chose.
Les ingrédients sont identiques, mais l'intention, elle, change tout.
Et le mandala dans tout ça ?
Alors, qu'est-ce que le mandala vient faire là-dedans ?
Le mandala — ce beau dessin circulaire qu'on trouve dans les traditions tibétaines, hindoues, amérindiennes ou même dans les rosaces des cathédrales — n'est pas qu'une jolie image. C'est un espace sacré que tu crées. Et comme tout espace sacré, il commence par une intention.
Quand les moines tibétains créent leurs incroyables mandalas de sable coloré, grain par grain. Ils ne s'assoient pas et ne commencent pas à travailler directement. Ils méditent d'abord. Ils chantent des mantras. Ils purifient leur esprit. Tout ça pour que chaque geste qui suit soit imprégné d'une seule intention : le bien de tous les êtres. Et quand c'est terminé, ils détruisent le mandala. Délibérément. Pour montrer que l'intention était pure, jamais attachée au résultat, jamais liée à l'ego.
C'est beau, non ?
Les trois cercles
La structure du mandala peut nous aider à comprendre l'intention de façon très concrète.
Imagine trois cercles, du plus large au plus petit.
Le grand cercle : être présent
Avant de commencer quoi que ce soit — un mandala, une journée, une conversation importante — la première intention,
c'est simplement d'être là. Vraiment là.
Pas dans ta liste de courses ou dans la réunion de tout à l'heure.
Juste là, maintenant.
C'est le premier geste : choisir la présence.
Le cercle du milieu : ce qui vient du cœur
Une fois que tu es présent(e), quelque chose émerge naturellement. Une envie, une aspiration, une douceur. Peut-être que tu veux créer ce mandala pour te connecter à toi-même. Ou pour penser à quelqu'un que tu aimes. Ou juste pour te faire du bien.
Cette intention-là, c'est ton moteur invisible.
Elle va guider tes mains et tes choix de couleurs, souvent sans que tu t'en rendes compte.
Le cœur du mandala : pour qui, pour quoi ?
Au centre de tout, il y a la question la plus profonde : est-ce que je fais ça uniquement pour moi, ou est-ce que je peux le dédier à quelque chose de plus grand ? Dans beaucoup de traditions, on dédie sa pratique — à un proche, à ceux qui souffrent, à la beauté du monde.
Ce geste de dédication libère quelque chose en nous.
Il détache l'ego du résultat et transforme une création personnelle en offrande.
Ce que la pratique offre à celui qui s'y abandonne
Travailler avec l'intention dans la création de mandalas n'est pas une pratique anodine. Ceux qui s'y consacrent régulièrement témoignent de transformations subtiles mais profondes.
Une relation différente au temps.
Tracer un mandala exige de la lenteur. Cette lenteur, portée par une intention claire, devient méditative. Le temps ne s'écoule plus de la même façon — il s'épaissit, se densifie, devient précieux.
On découvre que chaque instant peut être habité pleinement.Un miroir intérieur.
Les formes, les couleurs, les asymétries ou les symétries qui émergent dans un mandala ne sont jamais tout à fait un hasard. Ils reflètent l'état intérieur de celui qui crée. Travailler avec une intention consciente affûte ce miroir.
On apprend à se voir avec plus de clarté et de compassion.Un ancrage dans le corps.
L'intention posée avant de créer descend progressivement de la tête vers les mains, vers le ventre, vers la terre. La pratique du mandala est une pratique d'incarnation : l'invisible devient visible, le spirituel devient matériel.
Ce mouvement nourrit une sensation de cohérence et de paix.Un lien avec quelque chose de plus grand.
Nombreux sont ceux qui décrivent, lors de la création de mandalas posés dans l'intention, un sentiment de connexion — à la nature, aux ancêtres, à une dimension qui dépasse l'individu.
Comme si l'intention était une porte, et le mandala la clef pour la franchir.Comment poser ton "sankalpa" avant de créer un mandala ?
Voici un petit rituel simple que tu peux essayer, même si tu n'as jamais médité de ta vie.Prépare ton espace.
Nettoie un peu ta table, installe-toi confortablement.Allume une bougie si tu veux.
Ce geste dit déjà : "Ce moment compte."
Ferme les yeux et respire.
Trois grandes respirations.À l'expiration, imagine que tu poses tout ce qui encombre ta tête — les soucis, les to-do lists, les conversations en suspens. Juste pour le moment.
Pose-toi une question simple.
"Qu'est-ce que j'apporte dans cette création aujourd'hui ?"Ne cherche pas une belle réponse. Laisse venir quelque chose — un mot, une image, une sensation.
Fais confiance à ce qui arrive en premier.
Formule-la simplement.
"Je crée ce mandala pour me retrouver." "Pour te remercier, maman." "Pour lâcher prise."Peu importe la forme, ce qui compte, c'est que ça vienne de toi, vraiment.
Et commence.
Pose le premier point au centre de ta feuille.Ce point, c'est ton intention qui prend forme. Le reste suivra.
Ce que ça change, vraiment
Tu te demandes peut-être si tout ça n'est pas un peu trop symbolique ou mystique.Et c'est une bonne question !
Ce que les gens qui pratiquent régulièrement remarquent, c'est surtout une chose : quand ils posent une intention avant de créer,
ils ne vivent plus le mandala de la même façon. Ce n'est plus juste un exercice de coloriage ou un défi géométrique.
Ça devient un moment d'écoute intérieure. Les formes qui émergent parlent. Les couleurs qu'on choisit sans trop savoir pourquoi révèlent quelque chose.
Le mandala devient un miroir.
Et l'intention, c'est ce qui polit ce miroir pour qu'on puisse mieux s'y voir.
L'intention comme offrande
Il existe dans certaines traditions un geste final, aussi important que le premier :
la dédication du mérite.
Une fois la création achevée, on s'arrête à nouveau.
On pose les mains sur le mandala ou simplement dans son giron, et on prononce intérieurement quelque chose comme :
"Que ce que cette création a généré — de beauté, de paix, de clarté — puisse bénéficier à tous les êtres."
Et dans cette transformation, quelque chose d'extraordinaire se produit : l'ego lâche prise.
La création ne m'appartient plus — elle appartient au vivant.
Et c'est précisément à ce moment que l'intention initiale a accompli son œuvre la plus profonde.
Car l'intention la plus pure est toujours celle qui, au bout du voyage, nous a rendus un peu plus libres, un peu plus ouverts, un peu plus capables d'amour.
Pour résumer simplement
L'intention, c'est la réponse à la question :
Elle ne demande ni talent particulier, ni expérience spirituelle.
Juste un peu de silence, une question posée honnêtement, et la permission de laisser quelque chose de vrai émerger. Et si tu n'as pas encore essayé : prends une feuille, un compas ou un verre pour tracer ton premier cercle, et avant de commencer, ferme les yeux trente secondes.
Demande-toi : Qu'est-ce que je veux apporter dans ce moment ?
Laisse venir la réponse.
Et trace.
Pour aller plus loin
Si cette approche te touche, voici quelques portes d'entrée pour approfondir la pratique :L'intention n'a pas besoin d'être parfaite. Elle a juste besoin d'être sincère.
L'intention est le premier cercle. Tout le reste est la danse qui s'y déploie.



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